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Restitution du travail et du projet sur la Shoah

Objet et date de l’événement:
• Restitution du travail et du projet sur la Shoah engagés par les élèves de Terminales Abibac et Secondes option musique du lycée Watteau dans le cadre du programme mis en place et soutenu par la Région des Hauts-de-France, le Mémorial de la Shoah et l’Académie de Lille (déplacement en novembre 2023).
• Date : jeudi 23 mai de 18h à 19h15 à la Maison des Lycéens du lycée Antoine Watteau.
• Professeurs porteurs du projet : Madame Belin, professeure de musique ; Madame Brassart, professeure d’histoire-géographie en Abibac.
• Public : parents d’élèves, élus régionaux et municipaux (Mmes Mady Dorchies-Brillon et Aurore Colson), Direction du lycée Watteau et professeurs.


Les élèves ont organisé la soirée autour de trois thèmes présentés par la classe de Terminales Abibac :
• le déplacement en Pologne ;
• la préparation du déplacement ;
• la présentation de leur chemin de mémoire valenciennois.
Ces trois moments-clés ont été illustrés par des photographies, des vidéos prises et montées par les élèves et surtout par des morceaux de musique arrangés, préparés par les élèves de Secondes option musique.

La soirée a commencé par un extrait d’une marche militaire de Schubert interprété par les élèves. Dans son discours d’ouverture, Madame Balboni, Proviseure du lycée, a rappelé que cette musique que nous aimons écouter était jouée dans les camps de concentration nazis pour obliger les déportés à marcher en cadence. Elle a rappelé combien la musique- que nous associons à juste titre à la résistance (les Juifs jouaient de la musique en cachette avec des instruments de fortune pour se donner du courage)- est aussi un instrument de torture employé par les gardes des camps.

Madame Mady Dorchies-Brillon, Conseillère régionale Déléguée au devoir de mémoire, a rappelé l’engagement de la Région des Hauts-de-France pour ce programme qui, à partir de cette année, devient annuel.

Les élèves de terminales Abibac ont ensuite expliqué les lieux qu’ils ont visités lors de leur déplacement en Pologne : la ville de Cracovie et son ancien quartier juif duquel les traces de culture juive ont disparu (seuls subsistent une synagogue, un cimetière reconstruit et quelques panneaux de mémoire), les murs qui retracent le ghetto et la « place des chaises vides » à l’entrée de ce qui fut le ghetto qui symbolise l’extinction d’une culture par l’extermination des Juifs de la ville ; le camp d’Auschwitz, la Judenrampe à Birkenau, le centre d’extermination de Birkenau. Tout en projetant des photos qu’ils avaient prises sur les lieux, ils ont expliqué les lieux et les émotions qu’ils ont ressenties et qu’ils y ont associées. Une courte vidéo, montée par leurs soins, est revenue sur ces émotions.
Ils ont ensuite présenté le travail de préparation qu’ils ont mené en amont de ce déplacement et les différentes étapes :
• l’exposition que l’association Lille-Fives 1942 a prêtée au lycée. Les élèves l’ont visitée puis l’ont expliquée à d’autres classes (en français et en allemand) ;
• les cours et les conférences qu’ils ont suivis : de Madame Martine Benoît, Professeure des Universités (Lille 3), sur l’antisémitisme dans l’entre-deux-guerres en Allemagne (cours) et sur la résistance juive à la Shoah (conférence) ; de Madame Marie Brunhes, Maîtresse de conférences (Lille 3) sur la culture yiddish (cours) et « Écrire à Auschwitz, écrire sur Auschwitz » (conférence) ;
• la visite du quartier juif du Marais à Paris à la recherche des traces de la culture yiddish et la visite de l’exposition « la musique dans les camps nazis » au Mémorial de la Shoah ;
• l’exposition que les élèves du lycée de Condé ont montée sur la communauté juive valenciennoise de la fin du XIXe à 1945 et qui était visible au Musée de la mine de Fresnes-sur-Escaut ;
• l’exposition que les élèves du lycée de l’Escaut ont menée sur les enfants valenciennois déportés lors de la rafle du 11 septembre 1942 ;
• l’exposition Anselm Kiefer au LAM. Les élèves ont d’ailleurs choisi d’illustrer les temps musicaux par les œuvres de cet artiste allemand;
• la rencontre avec Madame Lili Leigniel, rescapée des camps de Ravensbrück et Bergen-Belsen, pour qui ils ont eu une pensée émouvante.

Les élèves ont insisté sur le fait que cette préparation et ce déplacement les ont poussé à chercher à comprendre, à se questionner et interroger, à mener des recherches (à la médiathèque, sur le site de Yad Vashem entre autres), à discuter, à échanger et partager, à commémorer. En ce sens, nous pouvons dire qu’ils sont des ambassadeurs conscientisés.

Ils ont ensuite présenté leur chemin de mémoire valenciennois, en mettant en valeur différents lieux de mémoire, en présentant des cartes qui matérialisent les lieux de vie de la communauté juive d’avant la Seconde guerre mondiale.
Leur parcours débute au lycée Watteau car il était le lieu de la Kommandantur pour se diriger vers la Place d’armes en passant par la synagogue. Les Juifs installés autour de la Place d’armes étaient assez aisés et français (certains se sont installés dès la révolution française, d’autres – d’origine alsacienne- se sont installés dès 1870 fuyant la nouvelle domination allemande sur l’Alsace), les Juifs installés dans le quartier du Neuf-Bourg sont modestes et pour la plupart d’origine étrangère -polonaise surtout- car ils fuient les exactions commises à leur encontre dans leurs pays d’origine et la pauvreté économique. La gare a été ensuite présentée, puis le cimetière saint Roch et la statue de la Pietà.
Ils ont précisé l’organisation de la rafle du 11 septembre 1942 à Valenciennes, ont expliqué que Valenciennes ne fut pas concernée par la rafle de 1943 car la communauté était déjà déportée. Aucun Juif valenciennois déporté n’a survécu.
Les élèves ont distribué à chacun un livret de leur chemin de mémoire.

Ces diverses présentations ont été entrecoupées de musique. Les élèves de l’option Musique avaient préparé avec leur professeure, Madame Belin, des morceaux spécifiques parmi lesquels : une marche militaire de Schubert, des morceaux Klezmer, Dachau Lied, le chant des Marais (connu pour être un chant de la résistance juive dans les camps). La présentation s’est terminée par le chant Erev Shel Shoshanim, un morceau privilégié lors des mariages, qui chante l’amour et… l’espoir.

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